«Si l’apport du Perche au peuplement du Canada — environ 5% des migrants français — peut paraître modeste, il faut souligner que l’émigration percheronne, la plus ancienne, se caractérise par une remarquable prolificité…» écrit Françoise Montagne.

Le mouvement, lancé à partir de 1634 grâce au pouvoir de conviction de Robert Giffard, représente il est vrai, dans le courant général de l’émigration française en Nouvelle-France, une certaine originalité. Il ne doit pas être attribué à la misère, mais plutôt à l’esprit d’aventure. En une trentaine d’années, 146 adultes, exerçant divers métiers souvent liés à la construction (maçon, menuisier, charpentier, briquetier, etc.), soit 80 familles, vont ainsi entreprendre le grand voyage.

Quelques-uns vont revenir au pays. Mais la grande majorité, malgré la menace iroquoise, choisit de s’établir sur les rives du Saint-Laurent pour y défricher et faire prospérer les terres nouvelles. Leur descendance est aujourd’hui estimée à 1.500.000 personnes au Canada, beaucoup plus sans doute si on tient compte d’un important essaimage dans toute l’Amérique du Nord.

1608 : Champlain installe une «abitation» à Québec.

1617 : L’apothicaire Hébert et sa famille s’installent à Québec.

1621 : Robert Giffard, apothicaire à Tourouvre, natif d’Autheuil, peut-être ami d’études d’Hébert, part pour le Canada. Il s’installe aux environs de Québec.

1625 : Arrivée des Jésuites à Québec.

1627 : Robert Giffard rentre en France, convaincu que de nouveaux colons doivent s’implanter sur les rives du Saint-Laurent. Cette même année est fondée la Compagnie des Cent-Associés dont est membre Noël Juchereau, de Tourouvre, ami de Robert Giffard.

1628 : En février, à Mortagne, Robert Giffard épouse Marie Renouard. Dès le printemps, il repart vers la Nouvelle-France afin de préparer de futures implantations. Le navire à bord duquel il voyage est intercepté par des pirates à la solde des Anglais. Robert Giffard doit revenir en France. A Tourouvre et à Mortagne, il met à profit cette période pour évoquer l’immense pays qui s’étend au-delà de l’Atlantique.

1629-1631 : Québec est aux mains des Anglais.

1632 : Le traité de Saint-Germain-en-Laye permet à la France de rentrer en possession du Canada. Robert Giffard peut enfin réaliser son rêve.

1633 : Robert Giffard, avec l’aide des frères Jean et Noël Juchereau, prépare son expédition.

1634 : En janvier, la Compagnie des Cent-Associés concède à Robert Giffard la seigneurie de Beauport. Il recrute ses premiers colons, reçoit le soutien de Pierre Le Bouyer de Saint-Gervais, lieutenant général civil et criminel du Perche. Courant mars : départ de Robert Giffard, de sa femme, de ses enfants et d’une trentaine de colons pour la Nouvelle-France. Parmi eux Jean Guyon, maître-maçon, Zacharie Cloutier, maître-charpentier et Robert Drouin, tuilier (originaire du Pin-la-Garenne). Début juin le navire atteint Québec.

1635 : A Québec, mort de Samuel de Champlain; la colonie compte 132 colons dont 35 viennent du Perche. A Mortagne, départ de nouveaux colons dont Gaspard Boucher, de sa femme et de ses enfants. Parmi eux Pierre, né à Mortagne en 1622, âgé de 13 ans. La première colonisation organisée de la Nouvelle-France est commencée. En ce qui concerne le Perche, les départs portent essentiellement sur la période de 1634 à 1662. Quelques émigrant sont mentionnés à la fin du 17e siècle et au 18e siècle.

1641 : Arrivée à Québec de Guillaume Pelletier (de Bresolettes). La population de la colonie s’élève à 300 personnes.

1647 : Arrivée à Québec de 17 jeunes gens venus de Tourouvre et des environs.

1653: Pierre Boucher défend Trois-Rivières contre les Iroquois.

1662: Pierre Boucher revient en France et, afin de sauver la colonie menacée par les Iroquois, sollicite le soutien de Louis XVI et de Colbert. Il rentre en Nouvelle-France en ramenant de nombreux colons.

1665 : Arrivée à Québec, du Régiment de Carignan-Salière.

 1668 : A Beauport, mort de Robert Giffard. La colonie atteint 3000 habitants.